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Paroles de Coachs : Serge GRIMMER - Responsable Ecole des Jaunes et Noirs et U10 : " Quand on bâtit, il faut savoir passer du temps sur les fondations, sinon, tout s’écroule très vite ..."

12 juin 2018 - 16:54

Quatrième acte de notre bilan par la voie des Coachs avec Serge GRIMMER avec le Directeur de l'Ecole des Jaunes et Noirs qui s'occupait cette saison aussi et surtout de la Catégorie U10 au sein de l'Ecole de Foot. Un bilan juste et exigeant, à l'image du coach qui donne le cap ...

Déjà expérimenté dans le domaine du coaching depuis plusieurs années, qu’est ce qui t’a finalement poussé à revenir au SC Marly ?

Deux choses, la première : la passion. J’entraîne depuis plus de trente ans, je savais que je ne resterais pas sans club longtemps.

La deuxième : le projet footballistique du club. Fred Chella me l’a présenté, il me correspondait, donc j’ai adhéré !

 

Pourquoi avoir choisi d’entrainer cette catégorie plutôt qu’une autre ?

Ce n’est pas un choix, j’ai pris la catégorie que personne ne voulait. Quand je suis arrivé en novembre 2017, j’ai commencé par une période d’observation pour comprendre ce qui n’allait pas au Sporting. J’ai vu qu’il fallait absolument renforcer l’équipe d’éducateurs, et je suis parti à la recherche de personnes susceptibles d’adhérer au projet, ayant le même état d’esprit que le mien. Chacun est venu avec une catégorie en tête, de mon côté, j’ai pris ce qui restait !

 

Quels étaient les objectifs que tu avais fixé cette année à la catégorie ?

Apprendre à jouer au foot ! Et, il y avait beaucoup de travail ! Dans le foot, 5 compétences sont à acquérir : la technique, la tactique, le physique, le mental et la gestion des émotions. Au niveau technique, il fallait absolument que les joueurs acquièrent les bases : geste de passe, de frappe, contrôles, conduite de balle, bref, la maîtrise du ballon

Au niveau physique, les joueurs étaient patauds, lents, il fallait absolument changer cela et travailler les appuis dynamiques.

Au niveau tactique, tout était à faire : savoir se placer, se déplacer, se replacer.

Au niveau mental : savoir faire des efforts, se dépasser : la douleur est éphémère, la fierté est éternelle ! Donner un esprit compétiteur, faire que les enfants soient exigeants à leur égard, développer la concentration : tout un programme !

Au niveau de la gestion des émotions : savoir gérer le stress d’un match, la frustration par rapport à des erreurs des partenaires, des adversaires, de l’arbitre, ou de soi-même.

Ces deux derniers items sont aussi très intéressants pour les enfants au niveau de l’école, donc de leur future vie d’adulte. Le côté compétiteur, couplé à l’exigence entraîneront une haine de la mauvaise note, et des efforts pour réussir. La gestion des émotions est très intéressante par rapport aux oraux, aux examens.

 

Selon toi, quel restera la grande réussite sur cette saison sur le plan sportif et sur le plan émotionnel pour les enfants dans ce que tu leur auras enseigné cette année ?

A ce niveau, il y a une multitude de petites réussites : un enfant qui applique une consigne, et qui en mesure l’efficacité, qui reproduit un geste (de passe de frappe) et qui l’assimile… Toutes ces petites victoires qui donnent confiance aux enfants et qui leur donne le sourire contribuent à donner de belles émotions.

 

Quelles sont les choses qu’il reste à améliorer ?

Tout ! Quand on regarde l’entraînement des joueurs professionnels, ils continuent à travailler sur ces 5 compétences.

 

Ton meilleur souvenir ... et Le pire ?

Le foot a un énorme avantage : le moindre aspect positif fait oublier toutes les frustrations. Heureusement, sinon, il n’y aurait plus de bénévoles. C’est sûr que tous les tournois ratés créent beaucoup de frustrations, mais les matchs sur lesquels on a l’impression que les joueurs se sont mis en mode démonstration effacent absolument tout. Cela prouve qu’ils ont du potentiel, à nous de leur permettre d’être constants.

 

Quelle expérience en tires-tu à titre personnel ?

Que le foot est vraiment un sport collectif. Dans l’école de foot de Marly, on parle d’équipe d’éducateurs. Quand on a tendance à broyer du noir, les autres éducateurs sont là, leur soutien est indispensable à la réussite du projet : une vraie équipe.

 

Au sens plus large, tu es responsable de l’Ecole des Jaunes et Noirs, quel bilan peux-tu nous faire de ce qu’aura produit l’école de Football du Sporting ?

Quand on construit, il faut savoir être patient. Ce qui est sûr, c’est que l’école a franchi un cap, cela se voit là où il y a de la compétition : en U13. Les deux équipes ont été capables de terminer en tête de leur groupe en excellence et en promotion. Maintenant, il faut savoir répondre aux exigences du niveau supérieur, ce qui n’est pas encore le cas.

Le cap franchi se voit aussi au niveau des plus petits : une très grande assiduité aux entraînements, une volonté de travailler tout en prenant du plaisir. Le jeu pratiqué qui commence à être plaisant.

 

Quel est ton avenir au sein du Sporting ? Tes objectifs pour la prochaine saison ? Pour ta catégorie … et pour l’Ecole de Football ?

Mon avenir importe peu. Certains aiment bien se mettre en avant de façon à attirer la lumière, ce n’est pas mon cas. Je préfère rester en retrait. L’important est l’esprit qu’on insuffle, si nous réussissons à changer les mentalités, les personnes seront secondaires, l’institution sera plus forte. Cela s’appelle la culture, un ensemble de valeurs fortes que tout joueur du Sporting doit partager. Si on veut travailler dans la durée, il est important que l’institution soit plus forte que les hommes.

 

Peux-tu nous donner en trois mots ce qui finalement aura caractérisé le groupe U10/U11 ?

Travail, plaisir… et inconstance ! .... Après tout, ils n’ont que 10 ans !

 

Le surnom donné à la catégorie était cette saison « les Conquérants U10 ». Penses-tu que ce surnom leur correspond ? Pourquoi ? Toi qui les connait le mieux finalement et à titre personnel, quel surnom leur aurais-tu donné après avoir passé un an auprès d’eux ?

Ce surnom ne leur correspond pas, ils n’en ont pas l’état d’esprit. Le groupe est très hétérogène, de ce fait, donner un surnom qui correspond à l’ensemble est infaisable.

En revanche, les Conquérants est un surnom qui me va très bien. Donc je le garde, et à moi de les emmener vers cet esprit de conquête.

 

Une dernière phrase qui selon toi définit le Sporting dans son ensemble ?

Un club ambitieux, en pleine construction.

Il va juste falloir se montrer patient, se définir des objectifs réalistes, et ne surtout pas calquer les clubs professionnels où on change d’entraîneur au moindre résultat de travers. Quand on bâtit, il faut savoir passer du temps sur les fondations, sinon, tout s’écroule très vite.

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